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Faire garder ses enfants : Europe
Le mardi 28 mars 2006 par Paquita - Vos témoignages

Un grand merci à toutes celles qui ont répondu à notre enquête sur ces modes de garde en Europe... Dans les prochaines semaines, la suite ... Asie, Amériques, etc.

Nos chers têtes blondes sont bien évidemment le nombril de notre univers, le point alpha et oméga de notre galaxie. Pour eux nous déplacerions les montagnes, viderions les océans et comme dirait notre ami Duteil « prendre un enfant par la main, c’est pour l’emmener vers demain ».


Tout ça on est d’accord mais comme on a bien compris qu’être trop fusionnel avec Môman ça pouvait faire des dégâts, on a décidé de le sociabiliser. Pour être juste quelquefois c’est notre employeur qui a décidé alors que nous, on se serait bien vue développer sans complexe notre vie de maman kangourou. Plus facile à dire qu’à faire parce que trouver le mode de garde le plus adapté pour que notre futur Einstein chez qui ne demande qu’à s’épanouir le Picasso doublé de Yehudi Menuhin qui sommeille en lui, ça va être un peu pointu ! Comme les nounous trilingues, post-doctorat en psychologie de l’enfant, masterisées en maths et ceinture noire d’art martiaux ne courent pas nos rues, nous nous rabattrons sur un mode de garde qui gâchera forcément son potentiel mais l’épanouira du mieux possible.

En France, on le sait avant même que germe le petit d’homme, on s’est déjà métarmophosée en marathonienne des crèches alternatives/privées/publiques/individuelles/ collectives et nous en savons plus qu’une encyclopédie. Si d’aventure, il faut aller voir chez nos voisins européens nous nous apercevrons que nous ne sommes pas les plus mal loties ni les moins mal en Europe....

-  Grande-Bretagne.
Voilà un moment que le gouvernement dit qu’il va falloir que cela change en terme de garde d’enfants. Mais pour le moment ce n’est pas la plus grande des priorités même si on est confiant : ça devrait changer. Pour l’heure il existe bien des garderies mais c’est comme les loyers c’est cher, très cher : entre 1500 et 2000 euros par mois. Oups ! A ce prix là il va falloir rogner sur les petits pots ! Il existe aussi des « playgroups » pour les tout- petits mais la présence de la maman (ou du papa, un peu extra terrestre dans le contexte) est requise. Il est également possible de faire garder son chérubin par des nannies, très chics et pas données. Il faut savoir que si on regroupe les enfants, chacun d’entre eux versera sa cote part.

Playgroups et écoles pour petits : dans le guide Expatguideque l’on vous recommande chaudement de vous procurer, car vous avez toutes les adresses par quartier, une mine ! Un extrait...
Consultez les annonces du Journal des familles francophones (cliquer sur consulter le magazine)
Adresses utiles : Site Easyexpat.com

-  Belgique
C’est peu ou prou comme en France. Dès les premiers signe du passager pas si clandestin que ça, il faut s’armer de patience et de persévérance . Les crèches municipales ont des listes d’attente longues comme des jours sans biberon. Attention, selon votre quartier elles sont soit francophones soit néerlandophones. Le plus courant est de faire garder ses enfants par des gardiennes encadrées qui s’occupent d’enfants par groupes de 5 ou 6 bambini, les horaires sont plus flexibles et elles sont surveillées par l’ONE.
Il existe également des haltes-garderies pour les mamans qui veulent quelques heures par-ci par -là mais elles ne sont pas forcément contrôlées par les services de la petite enfance. Adresses utiles : Site Easyexpat.com

Témoignage :
« Je suis Française expatriée en Belgique. Mes enfants sont restés en France, la dernière à 20 ans. Je vis dans la province du Hainaut, où il y a beaucoup de chômage et forcement le niveau de vie n’est pas très élevé. Il y a donc pas mal de femmes qui ne travaillent pas.
Pour les autres, il existe un système de garde d’enfants au domicile de l’accueillante (assistante maternelle en France), géré par l’ONE (office de la naissance et de l’enfance), et encadré par des assistantes sociales. Je suis d’ailleurs accueillante d’enfants depuis 2 ans chez moi, J’ai 5 enfants inscrits actuellement. J’ai fait une formation initiale obligatoire et je poursuis une formation continue.
Mais nous n’avons pas de véritable statut : pas de congés payés, pas d’arrêt maladie rémunéré etc... Nous sommes payés au forfait, demi-journée ou journée. Et les parents payent à l’ONE, selon leurs revenus. Nous pouvons garder des enfants de plus de trois ans, et jusqu’à 6 ans.
Par contre, dans la petite ville où je vis, il n’y a pas de centre de loisirs pour les enfants de maternelle et primaire : les parents doivent eux même, trouver une solution de garde.
Dans les villes alentours, il existe peut-être des crèches ou des haltes garderies, c’est possible, mais pas là où j’habite moi. » Catherine, Belgique

-  Pays-bas
Au pays d’Hans et Gretel, le gouvernement pousse gentiment mais fermement les aspirantes mamans vers leur foyer et à s’occuper de leurs forcément têtes blondes. Les listes d’attente et la rareté des crèches, les contraignent souvent à mettre un bémol à leur carrière. Quand, par miracle, on y trouve une place on se prend à regretter le modèle français. Les crèches sont souvent assez mal encadrées, la politesse des enfants n’est pas exactement la vertu cardinale sur laquelle on se penche et surtout la nourriture ferait frémir les diététiciens. Si, si, à deux ans et demi le déjeuner consiste quelques fois à une tartine avec du beurre de cacahuète et un verre de lait. (vécu dans 3 garderies !) Aussi saluons l’heureuse initiative de cette jeune femme française Béatrice qui vient d’ouvrir à Amsterdam sa propre unité reconnue par les autorités.

La scolarité aux Pays-Bas ne commence qu’à 4 ans. Pour les tout-petits, trois types de structure existent :
-  des crèches journées complètes, ou "kinderopvang / kinderdagverblijf " (0-4ans), qui s’apparentent à nos crèches municipales ou privées.
-  des crèches pour quelques heures ou matinées, ou "peuterspeelzaal" (1-4ans) qui s’apparentent à nos haltes garderies.
-  des jardins d’enfants, ou "kindergarden" (1-4ans) qui s’apparentent à nos maternelles. Toutes ces structures sont très chères car peu subventionnées. Compter 250€/mois pour une journée par semaine. Crèches : De nombreuses possibilités selon le quartier ; allez les visiter pour vous forger une conviction. Pour les trouver, rentrez "kinderopvang" dans www.goudengids.nl en utilisant la fonction "Uitgebreid zoeken", ou recherche avancée, qui vous permet de choisir à x kms ("met straal") de votre code postal. Garderies après l’école ou "naschoolse opvang" : c’est un système de garderie où les enfants sont amenés en bus spécial à la crèche et gardés après l’école. Pour plus de renseignements vous pouvez contacter ces organismes (par exemple Combiwell - Tel 020 575 47 00). L’autre solution est d’avoir recours à une baby sitter (cf annonces mises sur les panneaux d’affichage des écoles)
(source : Site d’Amsterdam accueil : www.amsterdam-accueil.org

-  Norvège/Suède/Finlande
Heureuses celles/ceux qui seront maman ou papa en Norvège. Voilà un pays qui sait parler à sa démographie. Sachez que si vous avez l’intention de séjourner au moins douze mois en Norvège vous aurez très certainement une place dans une garderie ou crèche. C’est le pays qui favorise le congé parental mais aussi la reprise de l’activité. Outre le prix acceptable (le niveau de vie est élevé donc les gardes d’enfants s’alignent), la qualité de l’accueil, la formation sont très supérieures au reste de l’Europe. Dans le nord de l’Europe, en général, les conditions de garde d’enfants sont bonnes à excellentes. En Suède par exemple le congé maternité peut se transférer sur le père. La Suède est la bonne fée des familles et les enfants peuvent aller au DAGIS qui est une crèche à visée pédagogique. Dès la dernière année de crèche les enfants dont un ou deux parents ne sont pas suédois peuvent avoir des cours gratuits pour l’apprentissage de la langue.

Politique familiale en Norvège

-  Estonie
Muriel témoigne :
Tout d’abord il n’y a aucun mode de garde collectif avant l’age d’un an. Les parents font appel à des baby-sitters. Pour cela le bouche à oreille marche bien, il y a aussi une société spécialisée dans le placement de garde à domicile www.koduhooldus.ee . Les expatriés utilisent beaucoup les baby-sitters car les personnes sont très disponibles et le coût est peu élévé. Elles sont soient estoniennes soient russes.

Il existe par ailleurs des crèches publiques souvent surchargées en effectif. On y parle soit l’estonien soit le russe. En Estonie on peut aller en crèche jusqu’à 7ans, âge ou l’on intègre l’école. A ma connaissance rares sont les expatriés qui inscrivent leurs enfants dans ces crèches.

Et puis, il y a les crèches privées. Je vous en citerai 3 dont 2 que je connais bien car mon fils est allé dans la première pendant 2 ans et continue à participer à des activités dans la deuxième.

International Kinder Garten of Tallinn qui accueille les enfants à partir de 2 ans environ, la langue parlée est l’anglais, très bonne ambiance une équipe dynamique avec de vrais objectifs pédagogiques. Seul petit hic ils ont emménagé l’année dernière dans un grand appartement et n’ont pas leur propre jardin extérieur d’ou des possibilités de sortie plus réduites. Arthur y a passé 2 années qui resteront pour nous un très bon souvenir et une formidable expérience pour lui, partagée avec des enfants venant du monde entier.

Naba www.naba.ee Crèche privée qui vient d’ouvrir récemment dans un magnifique cadre, accueille les enfants à partir d’un an et vivant à Pirita (quartier situé à l’est de Tallinn) langue parlée l’estonien. Les enfants peuvent venir à la journée ou la demi-journée. Elle propose aussi différentes activités comme la gymnastique, cours d’anglais, leçon de natation auquel participe mon fils. Dans ce cas pas besoin d’être inscrit à la crèche on peut y venir pour ces activités ponctuelles. Par chance le professeur de natation parle très bien anglais donc pas de problème pour Arthur !

Lôvimeri Kindergarten -Tiskrevälja 5- (quartier situé à l’ouest de Tallinn) Ils ont un groupe d’enfants qui parle anglais, un autre qui parle estonien. Je connais plusieurs expatriés qui y ont inscrit leurs enfants et en sont très contents.

Les écoles privées :
Rocca El Mare School csituée à l’ouest de Tallinn) Ecole privée en langue estonienne qui accueille les enfants à partir du jardin d’enfant l’inscription est réservée en priorité aux estoniens, peut intéresser une famille franco-estonienne.

Dernière chose, le Club International de Femmes de Tallinn IWCT auquel adhèrent beaucoup d’expatriées a un "Toddler’s group" qui organise chaque semaine des rencontres de mamans qui ont de très jeunes enfants, une manière pour elles de se réunir, d’échanger des idées et de faire se rencontrer les enfants.

Je n’ai rencontré aucun problème pour faire garder mes enfants, les structures d’accueil sont de plus en plus nombreuses et je pense que la petite enfance commence à être un sujet qui intéresse de plus en plus de personnes même si beaucoup de choses restent à faire en Estonie !! (Muriel- Tallin)

-  Italie
Les Italiens adorent les enfants tant et si bien que lorsque l’enfant paraît c’est souvent la grand-mère qui s’arrête de travailler tout affaire cessante pour s’occuper du bambino. Ceci dit il n’est pas toujours facile d’emmener sa mère ou sa belle mère pour coller aux coutumes locales. D’autant que les grands-mères françaises comme chacun sait ne sont plus ce qu’elles étaient et entre leurs cours de bridge, voyages, amis quand ce n’est pas leur carrière elles n’ont que de rares minutes à leur consacrer. Ne désespérer pas totalement. Il existe des crèches municipales de très bonne qualité mais les listes d’attente sont assez longues et il est difficile d’y entrer. On trouve des garderies privées également mais le choix et la qualité reste à l’appréciation de chacune. Il est possible et c’est souvent le cas pour les non italiens de faire garder les enfants par les nombreuses nounous souvent originaires d’Amérique du Sud. ( Environ 8 euros de l’heure) mais elles doivent impérativement être déclarées.
Baby-sitting sur le site de Milan Accueil - Il faut être membre.

-  Espagne
Si il y a un pays où les enfants sont rois, c’est bien celui là. On n’est pas dans une monarchie pour rien. Dans la péninsule ibérique, les modes de garde ont tendance à s’accroître. Madrid-Capital, l’accès à la crèche publique est pratiquement impossible car il y a beaucoup de demandes. Dans le privé, c’est un peu plus simple, il suffit de payer ... et parfois de faire la queue le jour des inscriptions !
Pour les crèches françaises, l’inscription se fait dès décembre pour la rentrée suivante.
Des crêches privées ont du coup la part belle. Il convient de vérifier si elles sont sous contrôle des organismes liés à l’enfance car c’est loin d’être le cas pour toutes. Vous serez surprises car elles sont souvent localisées dans des appartements où la sociabilisation est plus importante que la motricité, faute d’espace.

La niñera (nurse) n’est pas une assistante maternelle avec un diplôme spécifique, non, mais plutôt une latino-américaine ou roumaine sans papiers.. C’est plus cher que la crèche mais les horaires sont beaucoup plus flexibles. Problème : trouver une personne de confiance.

Néanmoins les nounous sont le plus souvent débordantes d’amour, c’est le principal, non ? L’Espagne a une longue tradition de mucama a dentro, c’est-à-dire de nounous qui prennent en charge l’enfant de sa naissance jusqu’à sa majorité, voire celle des propres enfants du dit vieux bébé. Donc on trouve des nounous pour quelques heures voire plus.

Karine, qui a créé expatespagne.com témoigne :
« En ce qui me concerne, Hugo est à la crèche espagnole(privée) depuis la fin de mon congé mat. On a choisi la crèche privée qui nous plaisait le plus dans notre quartier après en avoir testé une autre avant car les places sont chères dans notre quartier.
Les crèches privées ont l’avantage d’avoir des horaires plus flexibles que les crèches publiques (jusqu’à 16h max). Je pense que le concept de la Niñera peut être pratique et meilleur marché dès qu’on a 2 enfants en bas âge ou un travail très absorbant »

Vous pouvez contacter le site Mômespagne : pour connaître les bons plans en la matière.

Karine organise aussi des sorties avec parents et enfants francophones et francophiles sur Madrid, et des groupes de discussion pour les parents sur toute l’Espagne !

-  Allemagne/Suisse/Autriche/Luxembourg
Euh là on ne sait pas si on n’aime pas les enfants ou les mamans qui travaillent mais pour concilier vie professionnelle et vie familiale on vous souhaite bien du courage. En Allemagne il y a bien une ministre, Ursula Von Der Leyen , mère de sept enfants mais c’est comme une erreur de casting ou un excès de démagogie. Dans ces pays les structures d’accueil aux jeunes enfants sont plus que rares, voire volontairement inexistantes. Ou quand elles existent c’est plus que confidentielle. A part dans l’ex RDA ou on allait en garderie comme d’autres allaient à la réunion du parti, ces pays germanophones n’ont pas une politique des plus familiale. D’autant que les enfants scolarisés sortent en général vers 14h, il y a comme un beug. Le recours le plus simple est d’avoir chez soi une nounou qui les prend en charge quand vraiment vous avez besoin d’oxygène. En prenant connaissance de l’article de notre correspondante en Allemagne vous comprendrez bien la complexité du problème .

Il faut aussi se tourner vers les garderies privées, associatives, religieuses, parentales.

-  Russie
Témoignage de Valérie
Je suis arrivée à Moscou en septembre 2004. Je n’avais jamais étudié la langue russe auparavant. C’est pourquoi, je me suis tournée immédiatement vers la communauté française pour résoudre mes problèmes de garde d’enfants. Je ne travaille pas à l’extérieur, et j’élève mes trois enfants. Les deux premiers (4 et 5 ans et demi à notre arrivée) sont scolarisés à l’école maternelle française. Le 3ème avait 6 mois (maintenant 19 mois). Nous n’avons pas acheté de voiture tout de suite. J’ai opté pour le métro pour accompagner mes enfants à l’école. C’est un choix que peu de personnes partagent. A tort car le métro moscovite est un moyen de transport très efficace et rapide. Or ce n’est pas le cas avec une poussette. L’association des femmes françaises de Moscou "Moskva accueil" m’a aidé (par le bouche à oreille) à trouver une nounou (niania) à domicile. Après seulement 3 semaines à Moscou, j’ai trouvé la perle. Elle adore mon fils. Il est choyé, trop diront certains mais un petit enfant ne l’est jamais assez. Je n’ai jamais entendu de critiques au sujet des nounous russes, elles sont toutes merveilleuses avec les enfants. En parallèle, celle-ci s’occupe du linge de la maisonnée (repassage) et éventuellement des repas. En raison des conditions climatiques rigoureuses, il est préférable de suivre les conseils de la niania en matière d’habillement pour sortir. Même si cela peut parfois paraître exagéré. Mon fils sort en promenade tous les jours (parfois 2 fois dans la journée) et par tous les temps. Et il se porte très bien. De plus, employer une femme russe chez soi est un bon moyen pour pratiquer et améliorer son russe.

A Moscou, il existe aussi une crèche qui était auparavant dans l’enceinte de l’ambassade et qui vient de déménager. Les places y sont limités et l’âge minimum est 17 mois. Mais à Moscou, il est tout à fait possible de confier ses enfants à des structures russes. J’avoue ne pas connaître encore. Les locaux et les moyens sont parait-il "rustiques". Mais les russes sont très affectueux et attentionnés avec les enfants, beaucoup moins avec les parents. J’ai l’intention dans quelques mois de placer mon petit dernier dans une structure appelé dieski sad, avant qu’il ne soit trop accro à sa niania. Dès qu’ils maîtrisent un peu la langue russe, certains parents français optent pour l’environnement russe pour leurs enfants. Ils ont ainsi toutes les chances d’être bilingues. La communauté française de Moscou est très solidaire. Chacun trouve une solution à tous ses problèmes. (Valérie- Moscou)

Voilà un tour d’Europe non exhaustif mais si vous voulez tout savoir sur les modes de garde en chiffre et en Europe consulter ce dossier de la chaîne ARTE :